Renseignements généraux
Dans les prochaines décennies, le Canada fera face à des défis d’ordre économique et social. Le faible taux de natalité et le vieillissement de la population, auxquels il faut ajouter les pressions d’une économie mondialisée qui nous « condamnent » à développer une main-d’œuvre encore plus instruite, auront pour effet de causer une pénurie de travailleurs qualifiés. Déjà, le manque de main-d’œuvre se fait sentir dans diverses régions du pays et cette tendance ira en s’accentuant dans les prochaines années. Pour relever ces défis, le Canada doit adopter une nouvelle stratégie visant à hausser au plus tôt le taux de participation aux études postsecondaires et à réduire le nombre de jeunes absents des programmes d’éducation ou de formation technique, ou même du marché de l’emploi. Cette stratégie comportera certes de nombreux défis.
À l’échelle mondiale, le taux de participation aux études postsecondaires du Canada est déjà élevé, mais on remarque qu’il plafonne. Toute hausse de ce taux devra forcément être le fait d’une plus grande participation aux études postsecondaires de la part des jeunes des groupes actuellement sous-représentés dans les collèges et universités du Canada. Les immigrants qualifiés (et leur famille) doivent aussi être intégrés dans l’économie et la société canadiennes d’une façon qui tire parti de leurs compétences. En effet, bon nombre d’immigrants qualifiés demeurent sous-employés ou ne se voient pas attribuer les équivalences d’études postsecondaires canadiennes qui leur donneraient un accès approprié au marché de l’emploi.
Le système d’éducation du Canada a un rôle majeur à jouer dans les stratégies d’intégration et d’augmentation de la participation aux études supérieures. Ces stratégies ont toutefois besoin d’être revues, notamment en ce qui concerne les politiques des établissements d’enseignement, les habitudes pédagogiques, les pratiques en matière d’élargissement des clientèles cibles ou de recrutement, l’aide financière ainsi que les installations et services de soutien. Les écoles, les collectivités, les entreprises et les organismes de bénévolat doivent aussi soutenir ces stratégies et travailler en partenariat avec les établissements d’enseignement postsecondaire en vue d’atteindre les objectifs définis.
Le souci d’élargir l’accès à l’éducation repose sur des impératifs à la fois économiques et sociaux. En effet, faciliter davantage l’accès aux études postsecondaires chez les groupes traditionnellement sous-représentés contribuera à promouvoir une plus grande cohésion sociale et à façonner une société plus équitable. Bon nombre de pays s’enorgueillissent d’un niveau élevé de participation aux études postsecondaires, mais des recherches ont montré que ce taux ne rend pas compte des écarts en matière d’accessibilité entre les différents segments de la population. Ainsi, les étudiants issus de ménages à faible revenu, de groupes ethniques minoritaires, de communautés autochtones ou encore de familles dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires sont parmi ceux qui sont les moins bien représentés dans les collèges et universités.
Ces groupes sous-représentés sont confrontés à des obstacles particuliers quand vient le temps d’envisager de faire des études postsecondaires : mauvaise préparation sur le plan scolaire, renseignements et conseils inadéquats ou incomplets, manque de soutien ou d’encouragement de la part de leur entourage et, enfin, obstacles financiers. Pour répondre à leurs besoins, il faudra des ajustements tant à l’échelon secondaire qu’à l’échelon postsecondaire, ainsi qu’une coopération réelle et efficace entre les différents intéressés, histoire d’établir les liens qui font actuellement défaut.
Tous les pays préoccupés par cette réalité ont beaucoup à apprendre les uns des autres. Certains ont expérimenté de nouvelles approches en vue d’atteindre une plus grande équité en matière d’accès aux études supérieures et, partant, une meilleure inclusion sur les plans économique et social.
C’est dans ce contexte que la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire et le European Access Network organisent conjointement une conférence comparative internationale sur les programmes et services d’intervention précoce ou d’aide à la transition aux études postsecondaires visant à faire augmenter le taux de fréquentation des collèges, instituts techniques et universités parmi les groupes habituellement sous-représentés. Cette conférence sera d’un grand intérêt pour les décideurs qui occupent des postes de gestion dans un établissement d’enseignement, les responsables des politiques gouvernementales, les professeurs d’université, les chercheurs dans le domaine de l’éducation et pour tous ceux qui s’occupent de programmes d’approche de clientèles moins traditionnelles ou de programmes d’encouragement à la poursuite d’études postsecondaires.
La conférence donnera aux participants l’occasion de comparer les politiques en matière d’aide à la transition aux études supérieures et d’entendre parler des pratiques exemplaires qui ont été mises en place dans divers pays. Ce sera une occasion de partager la compréhension des enjeux touchant les étudiants des groupes sous-représentés ainsi que les approches visant à encourager ces clientèles cibles à terminer leurs études secondaires et à poursuivre leurs études plus avant.
Les résultats et les recommandations qui seront ressortis des discussions et des allocutions faites pendant la conférence serviront de base de discussion pour une journée de « réflexion au sommet » réservée aux recteurs d’université/directeurs de collège et aux hauts fonctionnaires des ministères de l’Éducation de tout le Canada. Cette conférence sera donc une chance unique d’entendre parler de ce qui se fait de bien ailleurs dans le monde et devrait contribuer au développement, ici au Canada, de stratégies à long terme visant à élargir l’accès à l’éducation postsecondaire.
Conférenciers
Bahram Bekhradnia
Higher Education Policy Institute
Depuis 2002, Bahram Bekhradnia dirige le Higher Education Policy Institute (HEPI), un groupe de réflexion de l’Université d’Oxford qui s’intéresse aux politiques touchant l’éducation supérieure. Grâce à ses recherches et à son expérience, le HEPI s’est bâti une solide réputation dans l’analyse des politiques, et les médias et les législateurs de Grande-Bretagne et d’ailleurs dans le monde ont souvent recours aux conseils de Bahram.
Auparavant, Bahram a été directeur des politiques pour le Higher Education Funding Council for England (HEFCE), qui distibue un financement gouvernemental de 7 G£ aux universités britanniques. Dans les années 90, il s’est occupé du développement des politiques nationales en matière de pédagogie, d’accès à l’éducation et de recherche et il a été au cœur du développement de la plupart des grandes politiques touchant l’éducation supérieure en Angleterre.
Bahram est un expert de calibre international et il a prodigué des conseils sur des questions entourant la réforme de l’éducation supérieure dans plusieurs pays. Il détient des diplômes en Literae Humaniores (études avancées) de l’Université d’Oxford et s’est vu décerné un doctorat honorifique par l’University of North London. Il est aussi professeur invité à l’Université de Bath et à l’Institute of Education de l’Université de Londres. Il est membre du Conseil des Arts et du Conseil de recherches en sciences humaines.
Vivienne Brown
Directrice, politiques et stratégie
Careers Scotland
Dans le cadre de ses fonctions de directrice, politiques et stratégie, et de membre du conseil de direction de Careers Scotland, Vivienne doit développer et positionner les stratégies de l’organisme en participant aux discussions politiques avec le gouvernement écossais et en entretenant des relations étroites avec les principaux intervenants du pays. Cela implique qu’elle doit faire connaître le travail de Careers Scotland aux intervenants les plus importants, gérer l’information et commander des études. Elle est aussi en charge d’établir les contacts à l’étranger et participe au développement du secteur de l’orientation professionnelle dans le monde entier.
Avant de se joindre à Careers Scotland, Vivienne a été directrice exécutive de la Lanarkshire Careers Company; elle possède plus de 20 ans d’expérience dans des postes importants en gestion et en direction.
Une courte affectation au gouvernement écossais, en 2000, lui a permis de participer à la mise sur pied de Careers Scotland. Puis, une seconde affectation, en 2005-2006, lui a donné l’occasion de s’occuper d’entreprise, d’inclusion sociale et de politiques en éducation.
Vivienne est actuellement vice-présidente du UK Institute of Career Guidance et membre de la Royal Society of the Arts. Elle préside aussi le Scottish Guidance Network.
Brian K. Fitzgerald
Directeur exécutif
Business-Higher Education Forum

Brian K. Fitzgerald est devenu directeur exécutif du Business-Higher Education Forum en 2005 et il a coordonné un vaste effort de repositionnement et de redéfinition des objectifs de l’organisation. Précédemment, il avait été directeur du personnel pour un comité fédéral qui a conseillé le Congrès sur les questions d’éducation supérieure et d’aide financière aux études. Il a aussi été professeur associé adjoint à l’American University, où il a traité des questions de gouvernement.
Dans le secteur privé, M. Fitzgerald a occupé des postes de direction en gestion de projets dans le cadre de recherches à grande échelle pour le compte d’agences fédérales. Par le passé, il avait été vice-doyen à l’Université et conférencier en éducation au Bates College de Lewiston, Maine.
Monsieur Fitzgerald a obtenu sa maîtrise et son doctorat à la Harvard Graduate School of Education, où il a aussi été président de l’association des anciens. Il possède un baccalauréat du Massachusetts College of Liberal Arts, ce qui lui a valu le titre de Distinguished Alumnus en 2000.
David Stewart-Patterson
Vice-président directeur
Conseil canadien des chefs d’entreprise
David Stewart-Patterson est vice-président directeur au Conseil canadien des chefs d’entreprise. Fondé en 1976, le Conseil est une organisation de chefs d’entreprise avec un impressionnant dossier au niveau d’initiative entrepreneuriale avec de judicieux choix en politique publique au Canada, en Amérique du Nord et dans le monde. Ses membres chefs d’entreprise dirigent des entreprises qui ont des actifs de plus de 3 200 trillions de dollars, ont un chiffre d’affaires annuel de près de 750 milliards de dollars et sont responsables de la majorité des exportations, des investissements, de la recherche-développement et de la formation du secteur privé.
En tant que vice-président directeur, M. Stewart-Patterson est responsable du développement des politiques, et gère le travail du personnel en politiques du Conseil.
Il contribue aussi à l’orientation du Conseil en donnant des discours, des présentations et en accordant des entrevues sur diverses questions incluant la politique fiscale et budgétaire, la réglementation, l’innovation et la compétitivité, l’intégration nord-américaine, l’immigration, l’éducation et la formation, les soins de santé, la politique sociale et la conscience sociale de l’entreprise ainsi que la gouvernance d’entreprise et publique. En 2001, il a publié, en collaboration avec Thomas d’Aquino, Chef de la direction et président du CCCE, un livre intitulé Northern Edge : How Canadians Can Triumph in the Global Economy.
M. Stewart-Patterson s’est joint au CCCE en 1996 après une carrière de 15 ans dans les médias comme journaliste, éditeur et cadre supérieur. Entre autre, il a été correspondant parlementaire pour le Report on Business du Globe and Mail à Ottawa; éditeur en chef de la chaîne de journaux de Robinson-Blackmore à Terre-Neuve et Labrador; et fut chroniqueur économique pour l’émission Canada AM au réseau CTV.
Natif de Montréal, M. Stewart-Patterson a fait ses études à l’École de journalisme de l’université Carleton. Il fut président de l’Association canadienne des journalistes et est présentement un directeur, membre du Comité exécutif et vice-président du Conseil d’administration de la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs, qui offre un programme de prêt et de mentorat pour jeunes entrepreneurs; et membre du comité concernant la conscience sociale d’entreprise de Imagine Canada (anciennement le Centre canadien de philanthropie).
Sir David Watson
Chaire de recherche en gestion des études supérieures
Department of Lifelong and Comparative Education
Institute of Education
University of London
Sir David Watson est historien et professeur de gestion de l’enseignement supérieur à l’Institute of Education de l’Université de Londres. Entre 1990 et 2005, il a occupé le poste de vice-président de l’Université de Brighton (auparavant appelée Brighton Polytechnic). Ses centres d’intérêt sont l’histoire des idées américaines et la politique de l’enseignement supérieur. Ses livres les plus récents sont : Lifelong Learning and the University (1998), Managing Strategy (2000), New Directions in Professional Higher Education (2000), Higher Education and the Lifecourse (2003) et Managing Institutional Self-Study (2005).
David Watson a participé dans une large mesure à l’évolution de l’enseignement supérieur au Royaume-Uni, notamment en qualité de membre (de 1977 à 1993) de comités et commissions du Council for National Academic Awards (CNAA). En 1988, il a été nommé au Conseil du CNAA et au Polytechnics and Colleges Funding Council et auparavant, en 1992, au Higher Education Funding Council (HEFCE) (Angleterre). Il a présidé le HEFCE Quality Assessment Committee jusqu’à ce qu’il quitte le HEFCE en mai 1996. Entre 1998 et 2003, il a été membre du Learning and Teaching Committee. David Watson a été membre de la National Commission on Education de la Fondation Paul Hamlyn (dont le rapport Learning to Succeed a été publié en 1993), du National Committee of Inquiry into Higher Education, présidé par Sir Ron Dearing (dont le rapport intitulé Higher Education in the Learning Society a été publié en 1997) et du Roberts Review of Research Assessment, en 2002-2003. Il a été élu Président de la Universities Association for Continuing Education, entre 1994 et 1998, et a présidé le Longer Term Strategy Group of Universities UK, entre 1999 et 2005. Il est membre du conseil d’administration de la Fondation Nuffield et membre honoraire de l’Institute of Management. Il a été fait Chevalier en 1998 pour services à l’enseignement supérieur.